Des rickshaw et des épices

Pour mon premier weekend dans la capitale indienne, j’ai eu la mésaventure de me retrouver tout seul. Pas de coloc. Tant pis. Ou tant mieux, je vais pouvoir découvrir un peu la ville à mon rythme.

Vendredi soir. Je suis en Inde depuis un jour : premier réflexe, bouffer indien. Pas besoin de marcher longtemps pour trouver un petit resto qui a l’air sympa. J’ai été mis en garde, aussi je fais attention à ce que je choisis : rien de trop pimenté pour un premier repas. Je demande au cuistot quelque chose de « not too spicy ». « No spicy, no spicy », me répond-il. Il m’a l’air d’avoir l’habitude de gérer les touristes. Je décide de lui faire confiance. Mauvaise idée. J’ai l’impression de manger du feu. La première bouchée la plus difficile de ma vie. S’il m’a bien donné ce qu’il a de moins épicé, je n’ose même pas imaginer le reste de la carte.


Samedi matin. Deuxième réflexe, aller au marché acheter… des pâtes ! Un stock de pâtes bien industrielles que je mangerai sans sauce avant que ne fondent toutes mes papilles gustatives. C’est surtout l’occasion d’une balade dans le quartier. S’il est très changeant d’une rue à l’autre, il reste assez agréable et animé. Je vis dans un quartier résidentiel réputé calme et propre. Une question de point de vue, car les rues commerçantes du Bhogal Market sont parsemées de déchets et de saloperies en tout genre que viennent fouiller les chiens errants. J’ai aussi eu un bref aperçu de la misère indienne à travers quelques mendiants qui n’avaient pas vraiment l’air de savoir où ils étaient.

Le soir, mon maître de stage m’avait invité à l’accompagner à un concert dans le centre de Delhi. Malheureusement le repas de la veille (à moins que ce ne soit l’eau) présente de meilleurs arguments et quelques symptômes de tourista m’empêchent de sortir.



En rickshaw dans les rues de New Delhi

Dimanche. Ça va mieux, je vais faire un tour. Direction Conaught Place, le centre de New Delhi. Je chope un rickshaw et m’engage dans une balade mouvementée et rigolote. Arrivé à Conaught Place, le chauffeur me demande 70 Roupies, que je paie en ayant bien l’impression de me faire arnaquer. Je commence mon petit tour par visiter un petit marché sous terrain : le Palika Bazar, agrémenté de tout un tas de commerces qui vendent aussi bien des saris et tuniques traditionnelles que des jeans ou des lunettes de soleil. Je pense au fond de moi que ce bazar porte bien son nom et qu’il représente bien la dualité de l’Inde, partagée entre ses traditions et la mondialisation. Après trois boutiques, je me suis déjà fait harcelé une vingtaine de fois par des vendeurs en tout genre. Je comprends rapidement que je suis dans un baise-touriste organisé et je ressors en espérant trouver quelque chose de plus sympa à voir.

Au détour d’un parc, je rencontre Shakti. Ce jeune étudiant indien de 18 ans m’aborde avec un respectueux  « Namasté », que je lui rends. On reste causer  5 minutes, puis il se propose de me montrer le coin. Allez. C’est tipar.
Il m’explique brièvement les bons plans, les bons endroits, les trucs à savoir, etc… Il est cool, alors je commence à lui faire confiance, oubliant que la dernière fois que j’avais fait confiance à quelqu’un ce weekend là, ma langue s’était décomposée. On monte dans un rickshaw, il veut m’amener dans un marché typique un peu plus loin.

Après 30 minutes, je n’ai toujours pas vu la couleur du marché, mais me suis arrêté trois fois. La première, sans trop comprendre comment, dans une agence de voyages, où j’ai tapé la discute avec le mec derrière le comptoir sans rien réserver mais en ressortant avec une carte gratuite de la ville (hé hé hé). La deuxième, sans trop comprendre non plus, dans un vaste espace commercial de luxe où nombre de vendeurs ont voulu me vendre saris, écharpes, tapis, bijoux ou pièces de marbres. Bien sûr le tout est très luxueux et cher, et je ne fais que regarder et discuter avec les commerçants. Au troisième arrêt, dans un magasin presque identique au précédent, je comprends que mon gentil guide touche des commissions sur mes achats. Je suis long à la détente, certes. Je comprends la démarche du bonhomme, mais mon choix de ne rien acheter se voit conforté. En sortant, je dis à Shakti que j’en ai marre de faire du shopping. Il insiste pour me conduire où je veux avec le rickshaw, et je comprends qu’il s’arrange aussi avec les chauffeurs.
Je le remercie, paie ce que je dois, et chope un autre rickshaw pour rentrer, m’arrêtant au passage pour jeter un œil à la fameuse porte de l’Inde. L’India Gate a été construite par les anglais entre 1921 et 1931, en commémoration des soldats indiens morts durant la 1ère Guerre Mondiale et les guerres afghanes. Elle est dressée au cœur d’un grand parc où se massent touristes et Indiens. Genre les Buttes Chaumont de New Delhi. Un endroit où les Indiens jouent au cricket. Normal.

 

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