Sudbury, Ontario

Voilà une semaine déjà que j’ai quitté Montréal. Une semaine que j’ai atterri à Sudbury, dans le fin fond de l’Ontario. Une semaine qui comme vous l’imaginez recèle de rebondissements et de découvertes. Cette dernière semaine a commencé vendredi dernier, après que j’ai empaqueté tranquillement mes affaires (« mes choses », diraient les québécois), en conclusion de cinq jours de glandage à la maison. En fin d’après-midi, rassuré de voir mes valises prêtes au départ, je m’envolai, accompagné d’une ribambelle de colocs, vers ma dernière soirée montréalaise. A la fois par respect et par pudeur, je vous épargne les détails de la nuit, qui n’a pas été sans m’évoquer ma dernière nuit française, le 21 janvier.

De fil en anguille, ou plutôt de gin tonic en shots de vodka, 3 h 30 arriva, suivies d’une mini nuit de deux heures. A 6 h 03, je devais en effet prendre le bus pour rejoindre la gare routière. Départ de Montréal à 7 h 00. L’objectif de réussir à partir a été dûment et presque miraculeusement accompli. Et je n’ai laissé derrière moi qu’une chemise et un jean, ce qui est assez honorable étant donné les circonstances…

Dix heures quarante-cinq de trajet en autocar plus tard, je descendais à la gare de Sudbury où m’attendait Pascale, ma rédactrice en chef. Accueillante, elle m’a invité à souper (oui car ici on dîne à midi et on soupe le soir) chez elle, en compagnie d’Hugo, l’autre journaliste de journal Le Voyageur, cadre de mon stage, et d’une journaliste anglophone du réseau public de télévision canadien.

Après souper, Hugo m’a conduit chez Réjean, propriétaire et éditeur du journal, qui me prête une chambre dans sa maison le temps que la location que j’ai trouvée depuis Montréal soit prête à ma consommation. La petite soixantaine, franco-ontarien et fier de l’être, ancien journaliste aujourd’hui patron de presse et homme d’affaires, Réjean a continué de me convaincre de l’incroyable hospitalité canadienne, me lançant dès mon arrivée : « Ici, si tu t’gênes, tu crèves. »

Sudbury est une ville un peu particulière. Assez peuplée, avec 160 000 habitants, mais aussi très étendue. La plus grande municipalité au Canada selon certains. En fait, le Grand Sudbury recouvre un territoire grand comme 33 fois Paris. On peut aussi le comparer à la moitié des Côtes d’Armor. Ou encore à 153 Saint-Caradec. Dans tout ça, les 160 000 habitants, il faut les chercher.

A première vue, Sudbury n’est pas une belle ville. Il y a 330 lacs, certes, mais c’est très rocailleux car situé en plein sur le bouclier canadien. Et puis c’est à moitié gris, mais ça c’est parce qu’on sort à peine de l’hiver (à l’heure où j’écris ces mots quelques flocons de neige valsent encore de l’autre côté de la fenêtre). Les arbres sont encore nus, à peine ont-ils des semblants de bourgeons et les pelouses sont toujours jaunes, pas encore ressuscitées après avoir trépassé sous l’épaisse couche de neige de l’hiver. Sans doute pour me rassurer, on m’a dit que d’ici quelques semaines Sudbury retrouvera sa verdure estivale, sa faune, sa flore et ses étudiantes en décolleté. J’ai hâte.
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En attendant je sais où je vais bouffer.

Enfin, loin d’un Montréal un peu à cheval entre Europe et Amérique du Nord, Sudbury est le prototype même de la ville provinciale nord-américaine. Au royaume des fast-foods, les obèses sont nombreux. Ici règnent en maîtres les hamburgers et les pickups et les consanguins.

Lundi matin, 8 h 30, j’ai découvert mon lieu de stage. J’y ai trouvé de bons collègues, une bonne ambiance et je m’attends à un travail fourni et intéressant. Après une mise en bouche peu excitante avec un sujet sur un repas dans une école primaire (wouhou !), le travail devrait s’étoffer car approchent les élections fédérales. En attendant, il y a un festival de théâtre universitaire franco-ontarien en fin de semaine. La culture au fin fond de la nature.

Mercredi, j’ai été faire un tour dans ma futur coloc, que j’intègre pour deux mois le 22 avril. Une vieille maison, quatre Canadiens, un grand salon, un hamac et un barbecue.

Mes deux prochains mois à Sudbury en quatre citations :

  • « Si tu t’gênes, tu crèves. » Accueil réjouissant dans la maison de mon employeur
  • « Sous la bâche, là, y a de la weed. » Accueil réjouissant dans ma nouvelle coloc
  • « On a de quoi te faire bosser, tu vas pas t’ennuyer. » Accueil réjouissant dans mon nouvel univers de stage
  • « Il va falloir qu’on teste ta résistance à la bière. » Accueil très réjouissant dans la vie de mes nouveaux collègues.

Petite galerie qui donne moyen envie alors qu’en fait c’est sympa

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