De Rennes à New York en tansports en commun

Les transports en commun ont ceci de particulier qu’ils sont, bien justement, en commun. Le principe est de les partager avec d’autres personnes, qui, comme vous, n’ont ni les moyens ni le temps de se faire affréter un jet privé pour leurs déplacements, du simple aller retour à la boulangerie au voyage d’affaire à Rio. Ce vendredi 4 juin 2012, j’y ai passé grosso modo 23 heures, transferts compris. Vingt-trois heures de transports en commun, entre Rennes et New York, le long desquelles j’ai vu – environ -six milliards de personnes. De cette journée particulièrement propice aux rencontres, je ne me souviens pourtant que de dix visages.

1. Les mecs bourrés dans le métro de Rennes

Selon les heures et les endroits, il est intéressant de constater ce qui distingue les usagers des transports en commun. A 5 heures du matin ce jour-là me rejoignaient dans le métro de Rennes trois mecs de 20 ans en retour de soirée et particulièrement imbibés. Si le premier n’a pas attendu que j’imprime son visage pour s’endormir comme une loque sous sa casquette, les deux autres, me voyant manifestement plus éveillé et alerte qu’eux, sont venus s’enquérir de ma sagesse, espérant que je les aiderais à résoudre leur ennui. Leur préoccupation était caractéristique d’un mec bourré à 5 h du mat’ dans le métro de Rennes : « Tu saurais pas où y a un McDo ouvert ? »

Je n’avais presque pas dormi de la nuit, mais l’excitation de mon nouveau voyage suffisait à me tenir éveillé. Pensais-je. Le bercement du train me menant à l’aéroport a vite eu raison de mon adrénaline. La seule rencontre notable de ce trajet fût celle d’un léger filet de bave, flirtant, depuis ma bouche béante, avec l’accoudoir de mon siège.

2. Ma voisine dans l’avion Paris – Philadelphie

Dans mon avion pour Philadelphie, j’ai rencontré ma voisine, une quinquagénaire canadienne et brune. Mais également une centaine de zombies autistes tous alignés dans le même sens comme des zombies autistes. C’est tout. Les gens parlent peu dans les avions.

flirt-avion

Dans la réalité, les passagers d’un avion ne ressemblent pas à ça.
(Photo americas-fr.com)

3. La bonasse dans l’avion Philadelphie – New York

Deuxième décollage, cette fois pour New York. Adossé au cockpit d’un coucou, j’étais en face de… tout le monde. En moins d’une heure de trajet, j’ai eu le temps de croiser des dizaines de regards. Celui de la jolie métisse assise en face de moi est le seul dont je me souviens.

4. Les jeunes Américains dans le train pour Manhattan

Les véritables rencontres de cette journée prirent effet dans les dernières dizaines de minutes de trajet, dans le train entre l’aéroport de Newark (New Jersey) et la gare Pennsylvania Station, en plein cœur de Manhattan. Pour mon plus grand bonheur, la rangée devant moi hébergeait six clichés de la jeunesse américaine. Trois filles, trois garçons, une petite vingtaine d’années, en route vers la nuit new-yorkaise. Six clichés, exactement comme dans les films. Et histoire de faire plaisir aux statistiques, deux étaient en surpoids.

  1. Jeune homme carré, de taille moyenne, chemise de bûcheron boutonnée jusqu’au col, cheveux plaqués sur le front et rasé de près, sauf les trois ou quatre petits poils noirs oubliés sous la joue droite.
  2. Beau gosse, 1m85, 85 kilos de muscles, barbe de trois jours, chemise tendance ouverte laissant apparaître un t-shirt moule-pectos-col-en-V, coupe parfaitement gélifiée et minutieusement vérifiée toutes les 45 secondes dans le reflet de la vitre.
  3. Grand, black, un grand verre de soda à la main, t-shirt très large et tâché de sauce Big Mac insuffisant pour cacher son obésité.
  4. Petite, maigre, cheveux longs rebelles à moitié attachés, lunettes rondes, renfermée, l’air perdu et ailleurs, un gros livre dépassant de son sac à dos.
  5. Maquillage, talons, mini-jupe, décolleté plongeant et minuscule sac à mains trop petit pour y mettre un tampon. 1m75, 55 kilos.
  6. Maquillage, talons, mini-jupe, décolleté plongeant et minuscule sac à mains trop petit pour y mettre un tampon. 1m75, 95 kilos.

Ces six jeunes étaient partis pour la nuit de leur vie. Et avec eux, je savais que j’arrivais à New York. 

Putain, New York !

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s