Festival du Bout du Monde, jour 3 (2/2)

Chroniques d’un festivalier au Bout du Monde

Dimanche, partie 2.

BESH O DROM

Au loin, on n’entend plus Maxime Le Forestier. Besh o Drom va commencer. Alors que le chapiteau se remplit, toute la tribu de cousins et leurs potes improvise un concert a cappella et récolte les hourras du public. Ils sont bizarres, mais je suis fier de ma famille.

Musique – 9/10

Besh o Drom, mon troisième et dernier incontournable. Un truc de ouf malade. Du tzigane hongrois et une pêche extraordinaire. Des percus, des saxos, des flûtes, de l’accordéon, une chanteuse avec une hypnotisante voix nasillarde, un rythme endiablé, des mélodies folles et une putain d’énergie de gros bâtard !

Besh o Drom au Festival du Bout du Monde

© Nebulae Art

Ambiance – 10/10

Pour la troisième fois, le chapiteau s’est envolé dans une autre dimension. Mais cette fois-ci, il s’est envolé en gigotant.

Fait marquant du concert

Ils n’ont pas joué Mahala. Rien que pour cette chanson, je reviendrai au deuxième set.

A écouter en boucle un vendredi entre 15h et 18h pour se motiver avant le weekend.

Total – 19/20

De nouveau, comme les jours précédents en début de soirée, je tombe dans le piège du « J’ai faim, j’ai soif, on retourne se faire un petit bout d’apéro au camping ? » En fait, l’apéro a été très utile pour 1) finir le pâté Hénaff, 2) dire au revoir aux losers qui ne restaient pas dormir le dimanche soir, 3) recouvrer quelques forces, car je repartais pour ma soirée la plus chargée du festival.

DHAFER YOUSSEF AGAIN

Musique – 250/10

La même que la première. Magistral.

Dhafer Youssef festival du bout du monde

Mieux que magistral même. Héroïque. © Sylvain Bernier – An Tour Tan

Ambiance – 8/10

Le chapiteau n’a pas décollé. Un peu déçu par ce deuxième set, où le festival a peut être selon moi montré ses limites. Il fait nuit, il est tard, les gens sont bourrés et écoutent moins la musique : ils veulent bouger. Le concert subit la concurrence des cris et des éclats de rire. Très pros, les musiciens écourtent alors les quelques passages plus doux pour envoyer la sauce. Bien ouèj, mais ils me laissent le sentiment d’un concert incomplet. Sous le chapiteau à 23h, ce n’est sans doute pas idéal pour une séance de jazz.

Fait marquant du concert

A la fin, le public s’est lancé dans un énorme rappel de 10 minutes, mais personne n’est remonté sur scène, renforçant là ma légère déception.

Total – 258/20

Dhafer Youssef festival du bout du monde

Ils savent quand même envoyer du lourd. © Sylvain bernier – An Tour Tan

NAÂMAN

Pour la première (et la dernière) fois du festival, je me prépare à enchaîner quatre concerts, et il me reste seize tickets boisson, soit quatre bières. Mon objectif est de réussir à boire mes tickets sans manquer la moindre minute de musique. Je retourne ma casquette de Luigi et passe en mode warrior. A peine sorti du chapiteau, je me précipite au bar le plus proche et repère une brèche. Je m’y engouffre et fais remplir mon gobelet avec de la Coreff. Plus que douze tickets. Au loin, j’entends les premières notes du concert de Naâman. Mission déjà échouée, mais je ne baisse pas les bras. Maintenant mon verre en équilibre, je file vers la grande scène et retrouve les autres à l’endroit prévu, youhou endroit prévu. Je ne suis pas fan de régué, mais Naâman, ça claque.

Naaman festival du bout du monde

© Marty Chris

Musique – 9/10

Je ne vais pas faire l’apologie, ni l’analyse du reggae vu que je n’en écoute jamais. Mais si le mec a réussi à me faire kiffer un concert entier, alors c’est que c’était probablement excellent.

Ambiance – 6/10

Le public était en feu, certes, mais Naâman est un gros niais. Merde, le mec fait du super son et a une foule chaude comme une galette-saucisse. Pourquoi est ce qu’il a besoin de donner dans la petite phrasounette toute mimi entre chaque chanson ? « Je suis super heureux d’être là », suffit en début de concert. A la limite, un ou deux « Crozooooon ! » de temps en temps. Pas besoin d’ajouter tout un tas de trucs mielleux genre « La Bretagne, le meilleur public de France », « Je vous aime », « Vous êtes mes préférés », « Je vous fais tous un bisou », « Et des guilis dans le ventre », « Déguisons nous en petits anges tous nus et faisons des bébés arcs-en-ciel ». Bref, relou un peu.

© Marty Chris

« Qui veut un chamaloooooooow ? » © Marty Chris

Fait marquant du concert

Comme à chaque concert de Naâman a été organisé le scoopomètre, un concours de cri et d’applaudissements qui détermine le meilleur public de France. Selon le « scoopologue », on partait largement favori, mais on a dû être sacrément ridicule car personne n’a jamais osé nous donner le résultat.

C’était pas si mal quand même.

Total – 15/20

RE – BESH O DROM

Le concert à peine terminé, je fonce au chapiteau où m’attendent Besh o Drom et Mahala. Sur le chemin, je récupère un pote facilement identifiable à son chapeau rouge de Mario et à sa démarche maladroite de mec bourré. Tout joliment maquillé, il a aussi rasé sa barbe, ne gardant que la moustache pour le concert de Deluxe. Comme Besh o Drom se fait attendre, je me propose de lui payer un coup et réalise le combo parfait : huit tickets de moins en un seul mouv’ ! On voit le bout.

Festival du bout du monde

Mario et Luigi et la bogossité © Fanchou

Musique – 9/10

La même que la première : juste trop bien.

besh o drom festival du bout du monde

Le sax, ça claque © Nebulae Art

Ambiance – 9/10

Le chapiteau gigotait un peu moins, mais j’avais avec moi un Mario très sociable qui a bien sympathisé avec la moitié de la foule, c’était rigolo.

Mais ce qui devait arriver arriva. En plein milieu du concert, je subis de pleine vessie ma consommation trop rapide et dois évacuer les lieux pour me soulager. Rien de plus efficace pour te sortir d’un concert. A mon retour, je retrouve mon Super Mario en train de draguer une Estonienne. #tombeur

Fait marquant du concert

Ils n’ont toujours pas joué Mahala. #batards

Total – 18/20

Besh o Drom Festival du Bout du Monde

Mais ils défoncent tout quand même. © Nebulae Art

DELUXE

Le dernier concert du festival est certainement le plus attendu de Mario, qui a brutalement abandonné sa jolie Estonienne pour se précipiter devant la grande scène en sautillant comme une jeune gazelle. Je suis bien tenté de le rejoindre, mais je n’oublie pas mes objectifs et fais un détour pour me défausser de mes quatre derniers tickets. Il y a la queue et l’accès au bar est difficile. Dans la file, je fais semblant de sympathiser avec des mecs inintéressants pour qu’ils me laissent passer devant. Technique inefficace, puisque ces malotrus espèrent exactement la même chose que moi. Quand enfin je pose mes coudes sur le comptoir, j’hèle un serveur qui ne me remarque pas. Je retente avec un deuxième, lui aussi trop occupé pour noter ma détresse. J’insiste une troisième fois, en vain. Je perds du temps. Pris de panique, je me passe les mains dans les cheveux et réalise alors que j’ai retiré ma casquette de Luigi. Ni une ni deux, je remets mon couvre chef. L’instant d’après, une jolie serveuse et son décolleté se tiennent devant moi. Elle attrape mon gobelet et me le rend comme je l’aime : plein. Lorsque je lui tends mes tickets, elle rougit et me dit qu’elle m’invite. Quel séducteur ce Luigi ! J’insiste, elle aussi. Je me penche sur le comptoir, souris et caresse ma casquette du bout des doigts. Elle frémit et se mord la lèvre inférieure. Je la sens fébrile et lui propose de nouveau de payer mon verre. Elle me regarde profondément dans les yeux puis me susurre doucement à l’oreille : « Non Luigi. Pour toi, tout est gratuit ce soir. » Je respire fort. Cette fois c’est elle qui m’émoustille. Fermant les yeux, je tourne légèrement la tête et mon visage trouve le sien. Je sens la douceur de sa joue sur ma pommette et regrette de ne pas m’être lavé les cheveux depuis trois jours. Du bout des doigts, je lui caresse doucement le cou. Sa respiration s’accélère. Nous n’entendons plus rien de ce qu’il se passe autour de nous. Ma tempe explore son visage comme ma main explore sa poitrine. Je sens son rythme cardiaque s’emballer. Nos lèvres se rapprochent et, l’instant d’une seconde, nous nous regardons dans les yeux. Je me penche alors en avant, elle aussi, et nous échangeons un baiser humide et fougueux devant une dizaine de poivrots insensibles à l’érotisme de la scène. C’est d’ailleurs l’un deux, qui, d’un long rot gras et sonore, nous interrompt avant de tomber dans les pommes.

Après avoir indiqué le numéro de mon camping à Machine, je la remercie tendrement et m’éloigne vers la scène, content 1) d’avoir roulé des pelles à une jolie nana, 2) de lui avoir glissé mes quatre derniers tickets entre les nichons pendant que je l’emballais.

Comme pour Naâman, je manque les premières notes du concert. Une fois près de la scène, je fais face à une musique très entraînante et un énorme dilemme : m’engouffrer dans le pogo et renverser de la bière partout, ou rester un peu à l’écart et apprécier chaque gorgée. Radin Sage, je choisis le cul sec puis l’immersion dans la foule.

Musique – 8/10

Du son de festival. De l’électro-swing très entraînant, des musiciens sympas et marrants et une chanteuse à la voix sexy. Musicalement c’est vraiment cool, idéal pour cet horaire, mais peut-être pas au niveau du reste de la programmation.

Deluxe festival du bout du monde

Et en plus elle est jolie © Nebulae Art

Ambiance – 10/10

Des bêtes de scène ! Ces mecs sont faits pour le spectacle. Ils ont mis le feu. Dans la foule, des millions de calories ont été brûlées, des centaines de muscles se sont claqués et des dizaines de cordes vocales se sont éraillées. Ils ont achevé un public au bord de la rupture de la plus belle des manières. Le parfait concert pour conclure trois jours de folie.

Deluxe festival du bout du monde

Les gens sont contents © Nebulae Art

Fait marquant du concert

J’ai envie d’une dernière bière, mais je n’ai plus de ticket.

Total – 18/20

See you en 2015 © Nicolas Le Gruiec

See you en 2015 © Nicolas Le Gruiec

 

Festival du Bout du monde

Vous aussi je vous aime bien © Fanchou qui a mis une plombe à équilibrer son appareil photo et installer le déclencheur automatique

 

(Photo une : © Marty Chris)

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